Loi Le Meur : tout ce qui change pour les meublés de tourisme
La loi n° 2024-1039, dite loi Le Meur, constitue la réforme la plus profonde du meublé de tourisme depuis quinze ans. Ses effets fiscaux s'appliquent depuis les revenus 2025, déclarés au printemps 2026.
Un durcissement ciblé sur les non-classés
Meublé de tourisme non classé : abattement micro-BIC ramené de 50 % à 30 %, plafond de recettes chuté à 15 000 € (contre 77 700 € avant réforme). Meublé classé : abattement ramené à 50 % (contre 71 %), avec un plafond de recettes fixé à 77 700 € (contre 188 700 € avant réforme) — un plafond que Bercy a annoncé porter à 83 600 € pour les revenus 2026, par alignement sur le seuil du meublé classique.
Le classement Atout France devient central
Faire classer son bien auprès d'un organisme accrédité (coût de 150 à 300 €, déductible au réel) relève sensiblement l'abattement applicable — un réflexe désormais quasi indispensable pour toute location de courte durée générant des recettes significatives.
Micro-BIC ou réel : un arbitrage à refaire
Pour un bien financé à crédit ou aux charges réelles supérieures à 30 % des recettes, le régime réel reste souvent plus avantageux que le micro-BIC réformé, réintégration des amortissements comprise à la revente.
Enregistrement et DPE renforcés
Un numéro d'enregistrement national est désormais requis pour toute mise en location de courte durée, sous peine de blocage de l'annonce par les plateformes. Côté DPE, aucun nouveau meublé classé F ou G ne peut être mis en location dans les zones tendues depuis 2025.
Questions fréquentes
Le classement change-t-il aussi les obligations DPE ?
Non, les règles DPE s'appliquent indépendamment du classement touristique, selon le calendrier général applicable à tout logement mis en location.
Faut-il un numéro d'enregistrement même pour une seule annonce occasionnelle ?
Oui, l'obligation d'enregistrement s'applique à toute mise en location de courte durée, sans exception liée à la fréquence ou au volume de location.
La loi Le Meur s'applique-t-elle aussi au meublé classique longue durée ?
Non, elle cible exclusivement la location de courte durée touristique ; le meublé classique conserve son régime propre, avec le seuil micro-BIC relevé à 83 600 € pour 2026-2028.