Jeanbrun dans l'ancien : 30 % de travaux et réhabilitation lourde

Dans l'ancien, l'amortissement Jeanbrun n'est ouvert qu'à des opérations lourdes : le logement doit être acquis entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028, faire l'objet de travaux représentant au moins 30 % du prix d'acquisition (ou de travaux équivalant à une construction neuve) et satisfaire les critères de la réhabilitation lourde, qui imposent notamment d'atteindre la classe A ou B du diagnostic de performance énergétique. Ces exigences expliquent la faible place de l'ancien dans les opérations engagées depuis février.

Publié le · Rubrique Dispositif Jeanbrun · Chiffres vérifiés sur sources officielles · Méthodologie

L'essentiel

État des textes. Une proposition de loi adoptée en commission le 20 mai 2026 prévoit d'assouplir ces conditions ; elle n'est pas en vigueur au 3 octobre 2026.

Les conditions cumulatives

Le j du 1° du I de l'article 31 du CGI réserve la déduction aux logements anciens qui remplissent plusieurs conditions cumulatives, résumées par l'ANIL dans son analyse de la loi de finances pour 2026 :

Le seuil de 30 % : comment le calculer

Le seuil se compare au prix d'acquisition du logement : pour un appartement acheté 180 000 €, il faut au moins 54 000 € de travaux d'amélioration. Les critères de la réhabilitation lourde sont définis par le décret n° 2025-913 du 5 septembre 2025, auquel renvoie le rapport de l'Assemblée nationale du 20 mai 2026. Conservez les factures et les diagnostics de performance énergétique avant et après travaux : ce sont eux qui prouvent le respect des deux conditions.

Classe A ou B : l'obstacle principal

Le rapport de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale souligne que la classe A ou B est souvent hors d'atteinte dans l'ancien, pour des raisons techniques ou patrimoniales, ou parce que des travaux en parties communes sont nécessaires. Lors de l'examen du texte, le député Mickaël Cosson a indiqué que seulement 3 % des opérations engagées depuis le début de l'année intégraient de la réhabilitation.

Une réforme en discussion, pas en vigueur

La proposition de loi n° 2674 pour la mobilisation de l'habitat existant, adoptée avec modifications en commission le 20 mai 2026, prévoit d'abaisser le seuil de travaux à 20 % du prix et de remplacer la classe A ou B par un gain de deux classes pour un logement classé F ou G avant travaux, et d'une classe pour un logement classé E ou mieux. Elle ouvrirait aussi le dispositif aux maisons individuelles anciennes. Tant qu'elle n'est pas adoptée définitivement et promulguée, seules les conditions actuelles s'appliquent.

Les taux dans l'ancien

Une fois les conditions réunies, l'amortissement est de 3 % (intermédiaire), 3,5 % (social) ou 4 % (très social), calculé sur 80 % du prix d'acquisition majoré du montant des travaux selon l'analyse de l'ANIL, dans la limite du plafond annuel par foyer. La période d'amortissement commence le premier jour du mois d'achèvement des travaux, ou de l'acquisition si elle est postérieure, et le logement doit être loué dans les douze mois.

Questions fréquentes

Peut-on faire du Jeanbrun dans l'ancien sans atteindre la classe B ?

Pas en l'état du droit : en métropole, les critères de la réhabilitation lourde imposent notamment la classe A ou B. Une proposition de loi prévoit de remplacer cette exigence par un gain de classes, mais elle n'est pas en vigueur.

Les travaux réalisés avant l'achat comptent-ils ?

Le texte vise les logements qui font ou ont fait l'objet des travaux. L'administration n'a pas encore précisé les modalités de preuve : conservez factures et diagnostics avant et après travaux.

Une maison ancienne est-elle éligible ?

Non à ce jour : le logement doit être situé dans un bâtiment d'habitation collectif. L'ouverture aux maisons individuelles anciennes figure dans une proposition de loi encore en discussion.

Sources officielles

Sources consultées le 3 octobre 2026. La fiscalité change à chaque loi de finances : vérifiez la date de mise à jour avant toute décision.

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